Que se passe-t-il vraiment lorsqu’un passager meurt à bord d’un paquebot ?
Centre médical, espace mortuaire, autorités, débarquement, rapatriement et assurance : voici comment une telle situation est réellement prise en charge en mer.
C’est une question un peu particulière. Mais probablement une question que beaucoup de personnes se sont déjà posée au moins une fois en regardant un immense paquebot.
Les grands paquebots fonctionnent comme de véritables petites villes : restaurants, cuisines, théâtre, zones techniques, installations médicales et milliers de personnes à bord.
Ils doivent donc également être capables de gérer, avec discrétion, une situation aussi exceptionnelle qu’un décès.
Oui, un grand paquebot peut conserver temporairement une dépouille à bord
Ce n’est évidemment pas une zone que les compagnies mettent en avant dans les plans destinés aux passagers.
Sur les grands paquebots, un espace mortuaire réfrigéré est généralement prévu afin qu’une dépouille puisse être conservée temporairement pendant que le débarquement et les formalités sont organisés.
Il ne s’agit donc pas d’un congélateur improvisé dans les cuisines ou d’une pièce réaffectée à la dernière minute.
Ce qui se passe généralement après une urgence grave
L’équipe médicale intervient d’abord pour tenter de sauver le passager.
Si les soins échouent, les procédures liées au décès commencent.
Les interlocuteurs compétents sont contactés selon la situation et le voyage.
Un port capable de prendre en charge la dépouille doit être déterminé.
Les formalités funéraires, administratives et assurantielles suivent.
Tout commence évidemment par une urgence médicale
Lorsqu’un passager fait un malaise grave, l’objectif est d’abord de porter secours à la personne.
MSC dispose de centres médicaux à bord avec du personnel médical qualifié et une prise en charge des urgences. Pour comprendre leur fonctionnement, les consultations et leurs limites, consultez aussi mon guide sur le service médical à bord de MSC.
Lorsqu’un passager vivant nécessite des soins qui ne peuvent pas être assurés à bord, un transfert vers la terre ou une évacuation médicale peut être envisagé lorsque les conditions le permettent.
Si la personne décède
Si malgré les soins la personne décède, la situation devient à la fois médicale, administrative et juridique.
La suite dépend notamment du navire, de son pavillon, de la position du paquebot, du prochain port utilisable, des circonstances du décès et des autorités compétentes.
La dépouille peut être transférée dans l’espace mortuaire du navire en attendant que la suite soit organisée.
La prise en charge se déroule avec la plus grande discrétion possible.
Dans beaucoup de situations, les milliers d’autres passagers présents à bord ne sauront même pas qu’un décès est survenu.
Un hélicoptère vient-il automatiquement récupérer le corps ?
Il n’existe pas de règle selon laquelle une personne décédée doit immédiatement être héliportée hors du navire.
L’évacuation médicale concerne d’abord les situations dans lesquelles un passager vivant nécessite des soins urgents impossibles à réaliser à bord.
Une fois un décès constaté, il faut coordonner la prise en charge de la dépouille, les autorités et le port où les formalités pourront être effectuées.
La dépouille est-elle forcément débarquée à la prochaine escale ?
Non.
En pratique, la situation est plus complexe.
Un port peut être en mesure de prendre immédiatement en charge la dépouille. Dans une autre situation, il peut être nécessaire d’attendre un port permettant d’organiser correctement les formalités.
Et si le passager décédé est français ?
Lorsqu’un Français décède à l’étranger, les services consulaires peuvent accompagner la famille.
Le consulat peut aider
- à informer et accompagner la famille ;
- à expliquer les formalités locales ;
- à préciser les possibilités de rapatriement ou d’inhumation ;
- à orienter vers des entreprises funéraires ;
- pour les démarches d’état civil français.
Mais il ne remplace pas
- les autorités locales ;
- l’entreprise de pompes funèbres ;
- l’assureur ;
- les démarches exigées par le pays ;
- les éventuelles investigations judiciaires.
Comment le rapatriement est-il organisé ?
Une fois les formalités locales terminées et les autorisations obtenues, une entreprise funéraire spécialisée peut organiser le rapatriement vers la France.
Les documents
- acte ou certificat de décès ;
- documents médicaux selon la situation ;
- autorisations administratives ;
- documents nécessaires au transport international.
L’organisation
- entreprise funéraire locale ;
- entreprise funéraire en France ;
- transport adapté ;
- compagnie aérienne si nécessaire ;
- coordination consulaire et administrative.
Qui paie le rapatriement ?
Lorsqu’il n’existe pas de couverture adaptée, les frais liés au rapatriement d’une dépouille peuvent rester à la charge de la famille.
Le consulat peut accompagner les proches, mais son rôle n’est pas de régler automatiquement les frais de rapatriement.
Et l’assurance MSC Global Protection ?
MSC France propose actuellement MSC Global Protection, en partenariat avec Europ Assistance.
Le contrat publié prévoit, sous réserve de ses conditions et exclusions, le rapatriement en cas de décès pendant le voyage.
Et si le décès est suspect ou inexpliqué ?
Enquête ou examen
- examen médico-légal ;
- autopsie ;
- enquête de police ;
- autorisation judiciaire.
Risque sanitaire
- symptômes ;
- cause possible ;
- examens éventuels ;
- personnes ayant été en contact.
Le navire fait-il demi-tour lorsqu’un passager décède ?
Un décès à bord ne signifie pas nécessairement que plusieurs milliers de passagers retournent immédiatement au port de départ.
La décision dépendra notamment de la position du navire, de l’itinéraire, des circonstances du décès, des autorités concernées et des contraintes opérationnelles.
Dans de nombreuses situations, le voyage peut donc se poursuivre pendant que la situation est gérée en arrière-plan.
Le Commandant peut-il « enterrer » un passager en mer ?
C’est l’image classique des films : une cérémonie sur le pont, puis le corps confié à la mer.
Ce n’est pas la procédure normale lorsqu’un passager vient de décéder à bord.
En revanche, MSC propose un « Memorial at Sea »
MSC France référence une procédure permettant d’organiser une dispersion de cendres en mer.
Cela concerne une personne déjà décédée et incinérée avant la croisière, et non un passager venant de décéder à bord.
Vrai ou faux ?
Un espace mortuaire permet d’attendre que le débarquement soit organisé.
Il n’existe pas de règle imposant une évacuation immédiate.
Le port, les autorités et les circonstances déterminent la suite.
Sans couverture adaptée, les frais peuvent revenir à la famille.
Cela dépend du contrat, de ses garanties et de ses exclusions.
La procédure concerne une personne déjà incinérée avant la croisière.
Les lignes à vérifier dans votre assurance voyage
Que se passe-t-il donc après un décès en croisière ?
Les secours d’abord
L’équipe médicale intervient avant toute autre considération.
Prise en charge discrète
La dépouille peut être conservée temporairement à bord.
Autorités
La suite dépend du port, du pays et des circonstances.
Débarquement
Il n’a pas forcément lieu dès la prochaine escale.
Rapatriement
Une entreprise spécialisée coordonne ensuite les formalités.
Assurance
Une couverture adaptée peut prendre en charge tout ou partie des frais.